Machu Picchu, la cité inca en ruines, vaut vraiment le détour. Perchée au sommet d’une montagne à quelques 2 430 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle attire chaque année plusieurs millions de visiteurs. Mais qu’a-t’ elle donc de si fascinant ?

Les photos peuvent saisir des instants, donner un aperçu d’un lieu, mais pour en comprendre la magie et en faire l’expérience pleinement, il faut voir de ses propres yeux. C’est ce qui m’a frappé avec Machu Picchu : on en a déjà vu une bonne centaine de photographies sans pour autant ressentir quoi que ce soit pour cette ancienne citadelle inca. Elle appartient à la liste des sept nouvelles merveilles du monde et constitue à elle seule l’une des plus grosses attractions touristiques d’Amérique du Sud. Près de deux mille personnes la visitent quotidiennement ! Maintenant, laissez-moi vous expliquer ce que ce site a à vous offrir et vous donner quelques tuyaux pour que vous vous y rendiez.

 

Les ruines époustouflantes de Machu Picchu

Histoire et architecture | Tourisme | S’y rendre | Témoignage d’un visiteur

Machu Picchu, a Peruvian Historical Sanctuary in 1981 and a UNESCO World Heritage Site in 1983. One of the New Seven Wonders of the World

Histoire et architecture

Au 15ème siècle, les Incas, une population sud-américaine rassemblant des centaines de différents groupes ethniques, bâtirent une cité au cœur des Andes péruviennes. A 15 kilomètres au nord-ouest de Cuzco, ville du sud du Pérou, le site fut construit sur une crête montagneuse reliant le sommet du Huayna Picchu et de la montagne du Machu Picchu : il comprenait près de 216 bâtiments de pierre construits sur des terrasses et astucieusement connectés par un système d’escaliers. Au total, la cité comprenait environ 300 marches, que l’on peut encore compter (en s’essoufflant un peu) aujourd’hui. Les murs extérieurs du temple, ainsi que des habitations s’élevant sur plusieurs étages, les bassins d’une fontaine et des canaux, sont aujourd’hui en très bon état de conservation – certains ont même été restaurés ces dernières années pour retrouver la grandeur de leurs jeunes années.

Machu Picchu ruins

La construction fut supervisée par le chef inca Pachacutec, qui régna de 1438 à 1471 : il posait là la première pierre de sa future expansion du royaume vers les territoires voisins. Les recherches avancent qu’à l’époque, près de mille personnes y vivaient. Cependant, on n’est toujours pas certain des raisons qui ont favorisé la construction au beau milieu des Andes, et le nom original du lieu n’a pas survécu au passage du temps. C’est pourquoi on nomma la cité comme la montagne la plus proche, « Machu Picchu » – bien que de nombreuses versions alternatives pullulent. Macchu Picchu, Mach Picchu, Machi Picu, Machu Picco, Machu Piccu, Machu Pichu, Machupichu, Macnhu Picchu, Matchu Pitchu and Matchupichu sont autant d’exemples simplement incorrects. Mais je ne blâme personne, je m’y reprends moi-même à deux fois lorsque je rédige cet article pour ne pas faire les mêmes erreurs.

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Après l’évacuation de la cité ou la mort de ses habitants, Machu Picchu resta à l’abri des yeux curieux… Elle fut finalement officiellement redécouverte en 1911, bien que de nombreux explorateurs y soient passé dans l’intervalle.

 

Tourisme au Machu Picchu

La renommée internationale du Machu Picchu fut acquise lorsque le National Geographic lui consacra un numéro entier en Avril 1913. Soixante-dix ans plus tard, on reconnut son appartenance au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et en 2007, on lui donna le titre élogieux (mais officieux) de « nouvelle merveille du monde ». Progressivement, Machu Picchu est devenue l’une des plus grandes attractions touristiques d’Amérique du Sud, visitée par pas moins de 2 000 visiteurs chaque jour en moyenne.

C’était la mine d’or pour l’industrie hôtelière et celle des papilles, garantissant une constante source de revenu. Des kiosques, restaurants et hôtels ont poussé autour de l’ancienne ville inca et contribuèrent au business florissant qui caractérise le site ; cependant, l’affluence a fini par poser problème. Pendant des années, l’UNESCO a appelé à la réduction du nombre de visiteurs à un maximum de 800 par jour pour ne pas mettre en danger le patrimoine local. Il faut dire que le développement de voies ferrées et de lignes de bus a radicalement bouleversé les environs, et on a même entendu la proposition récemment de relier Aguas Calientes et Machu Picchu par un téléphérique… Bien entendu, l’UNESCO s’y oppose fermement, car faciliter l’accessibilité du site ne ferait que grossir la masse de touristes.

 

Comment s’y rendre ?

Vous vous en doutez, le cœur des Andes péruviennes est assez difficile à atteindre – il n’y a pas de routes y menant. Cependant, une voie de train connecte Cuzco et Aguas Calientes (rebaptisée pour l’occasion « Machu Picchu Pueblo »). Arrivé au village, vous pourrez soit prendre le train qui serpente le long de la montagne durant 8 kilomètres avant d’atteindre la cité, soit faire le trajet à pied.

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La façon la plus « aventurière » de vous rendre à Machu Picchu se fait le long du Chemin de l’Inca : marchez tout du long depuis Cuzco jusqu’aux ruines de la cité en empruntant cette ancienne voie du commerce inca. Comptez 44 kilomètres, soit un bon total de 8670 pas (ne me… demandez… pas… comment… j’ai… obtenu… ce nombre… pfou.) Le col le plus haut que vous devrez franchir (je vous entends déjà crier « Le Col de Caradras ! » avec la voix rauque de Gandalf, et bravo pour votre culture, mais non) culmine à 4 200 mètres. Vous devez bien sûr vous enregistrer et disposer d’un ticket d’entrée pour pénétrer à Machu Picchu et franchir le sommet de Huayna Picchu : cela permet de limiter l’accès au site à un maximum de 2 500 personnes par jour. Il est donc préférable de s’y prendre à l’avance pour votre réservation, tant la cité inca est renommée.

 

Un témoignage – comme si vous y étiez !

Une de mes lectrices, Sarah, a déjà visité le Pérou et Machu Picchu. Elle m’a parlé de l’endroit et confié certains détails à propos de son expérience sur place.

Salut Sarah ! Comment as-tu organisé ton voyage à Machu Picchu ?

Chacun de nous s’est rendu indépendamment de Cuzco à Machu Picchu par le train, via Ollantaytambo, mais on avait déjà réservé les billets deux jours plus tôt… Comme on s’y est rendu en Janvier – donc en hors-saison – on n’a pas eu de problème à avoir des entrées. Elles étaient disponibles un peu partout à Cuzco. Le voyage jusqu’à Machu Picchu dura trois heures, mais c’est depuis le train qu’on a les plus belles vues sur le panorama, et le paysage est juste éblouissant.

Combien t’a coûté le voyage ?

Je ne m’en souviens pas… Mais c’était un sacré investissement. Pour deux jours dans la vallée inca, avec une visite de 10 heures dans la Vallée Sacrée et un jour à Machu Picchu, on a payé plus de 500€ pour deux personnes !

Est-ce-que tu peux nous recommander un certain horaire pour visiter ?

En fait, il faut bien la journée pour en faire vraiment le tour. Difficile de faire grand-chose autour de midi, car il fait chaud avec peu de coins à l’ombre pour se rafraîchir. Donc si on est là que pour quelques heures, il vaut mieux en profiter tout une matinée ou un après-midi entier.

Ruins of the ancient Inca city of Machu Picchu, Peru. In the background is Wayna Picchu mountain which overlooks the city. Llamas can bee seen feeding in a grass plaza.

Comment ça se passe quand on arrive au sommet ?

On rejoint un petit village par le train, un peu en contrebas du site. Bien sûr, c’est très touristique avec de nombreux restaurants et kiosques… Mais ce n’est pas désagréable pour autant. Je ne me souviens plus si nous avons pris le bus ou marché pour atteindre l’entrée des ruines, mais sur place, on a opté pour une visite de deux heures. Après ça, on avait toute la journée pour faire ce que l’on voulait avant de prendre le train du retour vers 7 heures… On a bien passé dix heures à Machu Picchu, au bas mot.

Il y avait donc beaucoup de touristes ?

Comme nous étions en hors-saison, il n’y avait pas des masses de touristes sur le site et autour. C’est sûr, il y avait du monde et c’était loin d’être tranquille, mais cela n’empêchait pas de prendre de jolies photos sans personne pour gigoter en arrière-plan… Et découvrir la cité comme on le voulait.

Qu’est-ce-qui t’a plu là-bas ?

Tout ! Le paysage, la vue, l’histoire du lieu. C’était incroyable. On peut aussi randonner sur la montagne de Machu Picchu, ce qui dure environ quatre heures, et c’est super joli. On peut même pousser jusqu’à une balade de cinq jours d’Ollantaytambo à Machu Picchu pour y arriver au lever du soleil. C’est certain que je vais y retourner, à un moment ou à un autre de ma vie… Machu Picchu, c’est une vraie cité en ruines, située sur une montagne au cœur de la jungle. On ne doit pas sous-estimer la taille du lieu, et les vues sont splendides.

Llamas resting on a terrace during the first light on the ruins of the Incan city of Machu Picchu, Peru.

Comment était l’atmosphère sur place ?

Fantastique. J’adore l’histoire et les lieux anciens, alors rien n’aurait pu ruiner mon séjour à Machu Picchu. L’atmosphère était agréable, pas du tout celle de cohues de touristes – juste des visiteurs fascinés.

Tu reviendras, alors ?

Sans aucun doute !

Et je ne peux pas contredire Sarah… Tous ceux qui trouvent l’occasion de visiter le Pérou doivent inscrire Machu Picchu sur leur liste !

 

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